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Après la polémique autour du Lion d’Or 2010 remis par le président Quentin Tarentino à son ex-compagne Sofia Coppola pour Somewhere, c’est Darren Aronofsky, réalisateur de Black Swan et lui-même primé du Lion d’or en 2008 pour The Wrestler, qui présidera le Jury de la 68ème édition, du 31 août au 10 septembre 2011.

La Mostra internazionale d’arte cinematografica di Venezia (Festival international d’art cinématographique de Venise) qui se déroule chaque année dans la cité lagunaire, dans l’historique Palais du cinéma, est le plus ancien festival cinématographique au monde – la première édition s’étant tenue en 1932. Et depuis 2006, la manifestation s’inscrit dans le cadre de l’organisation plus vaste de la Biennale de Venise, festival culturel d’art contemporain dont elle constitue la section « cinéma ».
Mais sa respectabilité, et par là-même sa pertinence, ont été plusieurs fois remis en cause ces dernières années. Avant Tarantino, c’est le documentaire controversé Baaria, signée Giuseppe Tornatore et financée par Silvio Berlusconi sur l’histoire de la Sicile, qui a entrainé une levée de boucliers en 2009.
Espérons que le jury réuni autour de M. Aronovsky saura calmer les esprits et créer le consensus. Ainsi, André Téchiné, le réalisateur des Roseaux sauvages, Rendez-vous et des Témoins seront de la partie, aux côtés du cinéaste américain Todd Haynes (Loin du paradis, I’m not there) et de l’ex-leader des Talking Heads, groupe de rock américain, David Byrne (??). L’artiste et réalisatrice finlandaise Eija-Liisa Ahtila, le réalisateur italien Mario Martone et l’actrice italienne Alba Rohrwacher complèteront le jury.
Pour rappel, Al Pacino et Marco Bellocchio seront honorés et présenteront chacun un film hors compétition. Al Pacino recevra le Prix Jaeger-Le Coultre « Glory to the Filmmaker », distinction qui honore depuis six ans un réalisateur ou une réalisatrice qui a su marquer le cinéma contemporain, même si cette facette de son talent est loin d’être la plus valorisée… (tout ça pour se faire remettre une montre à cinq zéros…). Et Marco Bellochio – Les Poings dans les poches (1965), Au nom du père (1971), Le Diable au corps (1986), Vincere (2009) – recevra un mérité Lion d’Or pour l’ensemble de son œuvre.

La liste des vingt et un films en compétition (et hors compétition) est désormais connue depuis le 28 juillet. Le Festival commencera par le film de et avec Georges Clooney, The ides of March (Les marches du pouvoir), avec une belle brochette d’acteurs : Ryan Gosling, Evan Rachel Wood, Marisa Tomei, Paul Giamatti et Philip Seymour Hoffman.


Tout comme le dernier Cronenberg tant attendu à Cannes, A Dangerous Method, sur Freud et Jung, avec Viggo Mortensen, Michael Fassbender (également à l’affiche de Shame de Mc Queen) et Keira Knightley.


Polanski, toujours assigné à résidence en Suisse (ce qui semble plutôt lui réussir artistiquement parlant),
suivra de loin le sort réservé à son nouvel opus Carnage avec Jodie Foster, Kate Winslet, Christoph Waltz et Matt Dillon. Il semble ainsi que les grands réalisateurs en course tablent sur des casting particulièrement costauds, s’échangeant allègrement les artistes.
On pourra également compter sur Abel Ferrara, avec son acteur fétiche Wiliam Dafoe (4:44 Last Day on Earth) et le Britannique Steve Mac Queen (rien de plus opposé physiquement et mentalement que les deux homonymes), très remarqué avec son premier long métrage, Hunger en 2008.
Les films italiens en compétition sont au nombre de trois : Terraferma de Emanuele Crialese (tourné en Sicile dans un village de pêcheurs), Quanto la notte de Christina Comencini et L’Ultimo Terrestre de Gian Alfonso Pacinotti, auteur de bandes-dessinées.
Pour les français, la représentation est succincte, même si de bonne qualité. Après Persepolis, Prix du jury à Cannes en 2007, Marjane Satrapi sera présente avec Poulet aux prunes, tirée d’une autre de ses bandes-dessinées, avec notamment Mathieu Amalric et Maria de Medeiros. Philippe Garel, déjà récompensé en 2005 d’un Lion d’argent du meilleur réalisateur pour Les amants réguliers, présentera Un été brulant, avec Monica Bellucci, dans la peau d’une actrice italienne (ah oui ?) qui brisera le cœur de Louis Garrel.
Pour la large sélection asiatique, j’avoue là ma crasse inculture, alors que, depuis 2004, le nouveau directeur Marco Müller, grand amateur et connaisseur du cinéma asiatique, lui a permis d’acquérir une plus grande visibilité au sein du festival.

En compétition (le programme complet) :
The Ides of March de George Clooney (Etats-Unis) – Film d’ouverture
– La Taupe de Tomas Alfredson (Grande-Bretagne, Allemagne)
Wuthering Heights d’Andrea Arnold (Grande-Bretagne)
The Fields d’Ami Canaan Mann (Etats-Unis)
Quando La Notte de Cristina Comencini (Italie)
Terraferma d’Emanuele Crialese (Italie/France)
– A Dangerous Method de David Cronenberg (Allemagne/Canada)
– 4:44 Last Day on Earth d’Abel Ferrara (Etats-Unis)
Killer Joe de William Friedkin (Etats-Unis)
Un été Brûlant de Philippe Garrel (France/Italie/Suisse)
– A Simple Life (Taojie) de Ann Hui (Chine/Hong Kong)
The Exchange (Hahithalfut) de Eran Kolirin (Israël)
Alps (Alpeis),Yorgos Lanthimos (Grèce)
Shame de Steve Mc Queen (Etats-Unis)
L’Ultimo Terrestre de Gian Alfonso Pacinotti (GIPI) (Italie) (premier film)
Carnage de Roman Polanski (France/All/Esp/Pologne)
Poulet Aux Prunes de Marjane Satrapi and Vincent Paronnaud (France/Belg/Allemagne)
Faust d’Alexander Sokourov (Russie)
Dark Horse de Todd Solondz (Etats-Unis)
Himizu de Sion Sono (Japon)
Seediq Bale de Wei Te-sheng (Taïwan/Chine)

La vaste sélection hors-compétition aura aussi son cortège de stars : Al Pacino donc pour présenter Wilde Salome, Madonna pour son film W.E. inspiré de la relation entre le roi Edouard VII et Wallis Simpson, qu’on espère plus inspirée qu’avec Obscénité et vertu (Filth and Wisdom), présenté en 2008 à Berlin, ou Steven Soderbergh pour Contagion avec (encore) Matt Damon, Kate Winslet, Marion Cotillard, Jude Law et Gwyneth Paltrow.
Ont aussi été sélectionnés hors compétition des films de cinéastes francophones : Philippe Faucon présentera Désintégration, Claude Nuridsany et Marie Perennou (les auteurs de Microcosmos), La clé des champs et Chantal Akerman, La Folie Almayer.

Hors compétition :
Vivan las Antipodas ! de Victor Kossakovsky (All/Arg/Hol/Chili/Russie) (doc)
Damsels In Distress, de Whit Stillman (Etats-Unis)
La Folie Almayer, de Chantal Akerman (Belg/France)
The Sorcerer And The White Snake (Baish Echuanshuo), de Tony Ching Siu-Tung (Chine/Hong Kong)
Giochi D’estate, de Rolando Colla (Suisse/Italie)
La Désintegration, de Philippe Fauchon (Belg)
The Moth Diaries, de Mary Harron (Canada/Irl)
Alois Nebel, de Tomas Lunak ( Republique Tchèque/Germany)
 (premier film)
W.E., de Madonna (Grande-Bretagne)
Eva, de Kike Maillo (Grande-Bretagne) (premier film)
Scossa, de Francesco Maselli, Carlo Lizzani, Ugo Gregoretti, Nino Russo (Italie)
La Clé des Champs, de Claude Nuridsany, Marie Perennou (France)
Il Villaggio Di Cartone, de Ermanno Olmi (Italie)
Wilde Salome, d’Al Pacino (Etats-Unis)
Tormented, de Takashi Shimizu (Japan)
Contagion, de Steven Soderbergh (Etats-Unis)
Marco Bellocchio,Venezia 2011, de Pietro Marcello (Italie) (doc, court)
La Meditazione Di Hayez, de Mario Martone (Italie) (court)
Tahrir 2011, de Tamer Ezzat, Ahmad Abdalla, Ayten Amin, Amr Salama (Egypte) (doc)
The End et Vanguard, du Collectif Abounaddara (Syrie)
Evolution (Megaplex) (3D) de Marco Brambilla (Etats-Unis)

Blogs à suivre :
Destination Venise : Le Blog de Venise vous tient informés des évènements dans le domaine de l’Art (Biennale, expositions, concerts, Mostra du Cinéma,…), de la vie quotidienne à Venise, ses artisans, ses boutiques, ses restaurants et bars, et aussi ses innombrables fêtes (le Carnaval, la Regata Storica, le Rendentore, le Marathon de Venise,…). Ce blog vous donne aussi des conseils en matière d’hébergement (location d’appartements, B&B,…).
– L’infatigable : In the mood for cinema

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Alors que se clôt la neuvième édition du Festival Paris Cinéma, qui se tenait du 2 au 13 juillet sous la houlette de la Ville de Paris et la présidence de Charlotte Rampling, s’ouvre, pour les chanceux qui ne partent pas en vacances, la saison d’été du cinéma à Paris.

Comme chaque début d’été, le Festival a proposé dans une quinzaine de lieux de la capitale plus de 250 films, dont beaucoup d’inédits, en présence de nombreuses personnalités du cinéma. Le Compétition internationale offre un aperçu du cinéma contemporain mondial à travers une sélection de huit films (fictions et documentaires) présentés par leurs réalisateurs. Ces films en provenance du monde entier concourent pour le Prix du Public, le Prix du Jury, le Prix des Blogueurs et le Prix des Étudiants. Les films primés recoivent une aide pour leur distribution en France.

Le second long-métrage de Valérie Donzelli La guerre est déclarée (après La reine des pommes), qui avait déjà fait sensation à Cannes en mai dernier, a ainsi décroché les Prix du Jury, du Public et celui du web et des blogueurs au Festival. En salles le 31 août prochain, le long-métrage, qui aborde avec tendresse le combat-marathon d’un couple aux prises avec le cancer de son enfant, en mêlant intimement l’autobiographie à la fiction, avait déjà remporté le mois dernier le Grand Prix du festival de Cabourg 2011.

Par ailleurs, le jury parisien (Loubna Azabal, Matthieu Demy, Pauline Lefèvre, Thierry Jousse et Gilles Marchand) a décerné une mention spéciale à Happy happy, film norvégien de Anne Sewitsky.

Alors, rien de plus opposé que l’été et la fréquentation des cinémas ? N’en soyez pas si sûr.

De nombreux arguments d’ordre pratique peuvent vous convaincre :

– la clim quasi systématique dans les salles, pas désagréable en ces périodes à fort coefficient Celsius ; et une fréquentation qui permet d’oublier les réservations sur Internet et les queues interminables

– un programme télé proche de l’apoplexie

– une programmation orientée vers les reprises plus ou moins récentes (de vieux films comme les hits de l’année) : très utile quand vous avez eu une année chargée

– parce qu’entre le sport et le cinéma (avec souvent picnic à la clé), vous avez vite choisi…

Quatre rendez-vous parisiens jouent la carte du cinéma en plein air :

L’incontournable : LE FESTIVAL DE CINEMA EN PLEIN AIR 2011 (du 19 juillet au 21 août 2011)

 

Sur la  Prairie du Triangle au Parc de la Villette. Le thème de cette 21ème édition est : « D’une rue à l’autre ». Tous les films sont présentés en version originale, l’accès est libre et gratuit (revenu à la gratuité en 2009).

« On y joue, on y danse, on y erre le long des trottoirs, on y croise, juste au coin, l’amour ou l’aventure, on y élève des barricades, on y meurt : la rue est le lieu cinématographique par excellence. Le cadre de nos histoires de vie : révoltes, rencontres amoureuses, débordements festifs, drames…» (Source : Parc de la Villette)

Au programme (ici), trente long-métrages avec entre autres, des voyages à Paris avec Les Triplettes de Belleville de Sylvain Chomet et Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch, un autre à Rome avec Journal Intime de Nanni Moretti. Mais aussi à New York avec Collateral de Michael Mann et enfin West Side Story de Robert Wise (1960).

Les vendredis, place aux jeunes réalisateurs qui ont réalisé leur premier long métrage en 2010. Les samedis, au tour des réalisateurs, aujourd’hui confirmés, de montrer leur premier pas…

Et en plus, chaque vendredi et samedi, un court métrage débutera la séance.

Installés dans un transat, avec sa couverture (en location 5 €) ou bien directement allongé dans l’herbe (gratuit) et rien ne vous empêche d’amener duvet et/ou couverture avec oreiller (ça fait moins mal à la nuque – expérience qui parle). Le film commence à la tombée de la nuit, soit en moyenne vers 22h30. N’oubliez pas couvertures et autres oreillers car les fins de soirées sont fraîches tout de même.

Il est recommandé de venir tôt (avant 20H), car très vite les places se font rares, et également d’amener son pique-nique.

Le disciple : Cinéma au clair de lune, organisé par le Forum des Images (du 3 au 21 août 2011)

Le Programme : ici

Sur le même principe que son illustre prédécesseur, cette 11ème édition présente treize projections gratuites en plein air de films français de toutes époques (Fric-Frac, La Reine des pommes, Erotissimo ou encore Buffet froid) dans différents lieux parisiens de prestige : la butte Montmartre, les jardins des Champs-Elysées, la Place des Vosges, Ménilmontant ou l’esplanade des Invalides avec des chaises en accès libre. Film à partir de 21H30.

– L’urbain : La Chaise et l’Ecran – Du cinéma dans nos rues (du 17 juin au 2 septembre 2011)

La Mairie du 11e vous invite à assister gratuitement à la projection de cinq films en plein air, où chacun apporte sa chaise. Rendez-vous les vendredis 17 juin, 1er et 22 juillet, 5 et 26 août et 2 septembre.

Pour cette 4ème édition, une carte blanche a été proposée à Gaël Morel, acteur, scénariste et réalisateur, découvert dans Les roseaux sauvages de Téchiné. Sa programmation revisite les classiques du cinéma populaire puisant aussi bien dans le western que dans la comédie musicale ou le drame. Chaque année, une personnalité du monde de l’art est le parrain de la manifestation et en assure la programmation : Robert Guédiguian, réalisateur, acteur, producteur et scénariste en 2008, Anne-Marie Lazarini, metteure en scène de la compagnie des Artistics Athévains en 2009, Cédric Klapisch, réalisateur, acteur, producteur et scénariste en 2010.

Nouveauté 2011 : chaque séance débutera par la projection d’un court métrage. La Mairie du 11e a également proposé à l’association « France Doc » d’encadrer six ateliers amateurs de réalisation de documentaires ayant un lien avec le 11e arrondissement.

Ce cycle de projections s’ouvrira, vendredi 17 juin, avec la comédie musicale Huit femmes, de Francois Ozon. Primée au festival de Berlin en 2002 et nominée dans de nombreuses catégories aux Césars 2003, cette comédie policière rassemble un florilège impressionnant de comédiennes comme Virginie Ledoyen, Fanny Ardant, Catherine Deneuve, Isabelle Huppert ou Emmanuelle Béart.

Viendrons ensuite : Rocco et ses frères de Luchino Visconti (Samedi 2 juillet), Les chansons d’amour de Christophe Honoré (Vendredi 5 août), Barberousse d’Akira Kurosawa (Vendredi 26 août) et pour finir Il était une fois en Amérique de Sergio Leone (Vendredi 2 septembre).

– Les court-métrages : le FESTIVAL SILHOUETTE fête ses 10 ans (du 27 août au 4 septembre 2011)

 

Le Festival Silhouette est devenu, en 10 ans, la référence parisienne en matière de diffusion de courts métrages, ouvert à tous les publics et tourné vers les professionnels, tout en gardant la gratuité en plein air.

Pour cette nouvelle édition, unique en son genre, le Festival Silhouette reprend possession du cadre magnifique des Buttes Chaumont . A 21 heures, l’écran gonflable accueillera les séances, toutes précédées de concerts gratuits (à 19h30)

Le Cent-Quatre, magnifique espace artistique enfin remis sur les rails depuis sa reprise en juin 2010 par José Manuel Gonçalves, rejoint cette année le festival en accueillant en journée les séances spéciales (5 € la séance) et des ateliers cinéma jeune public (Atelier pour les enfants : 5€), pendant toute la durée du festival.

Créée en 2002, l’Association Silhouette à l’origine du festival regroupe des passionnés et des professionnels du cinéma qui œuvrent à la promotion du 7e art, plus précisément du format court.

Plus de 130 films (sélectionnés parmi 3000 inscrits) vont être présentés sur neuf jours de festival, dans toutes les catégories : fiction, animation, documentaire et expérimental, clip.

La soirée d’ouverture, le jeudi 25 août, aura lieu à la Bellevilloise avec concerts, arts vidéo, exposition et diffusion de courts métrages, en accès libre.

La soirée de clôture honorera les lauréats en projetant leur film sur l’écran du parc des Buttes Chaumont à 21 heures.

Alors que Hollywood est devenu une terre d’accueil pour de nombreux acteurs anglophones (anglais, australiens, canadiens…), deux des immigrés les plus bankable du moment viennent de se marier en toute discrétion le 22 juin dernier, formant un potentiel nouveau couple de légende. Les deux acteurs britanniques Rachel Weisz et Daniel Craig sont tombés amoureux cet hiver sur le tournage de Dream House, le nouveau thriller de Jim Sheridan, connu pour Au nom du père, My left foot ou plus récemment Brothers, attendu pour le 3 septembre 2011 dans les salles obscures.

Après Vincent Cassel et Monica Belucci sur L’Appartement, Angelina Jolie et Brad Pitt sur Mr. and Mrs. Smith, les plateaux de tournage restent le lieu de rencontre privilégié des grands couples, comme le lieu de travail de n’importe quel quidam.

Ce magnifique couple de quadra (41 ans pour Madame et 43 pour Monsieur) squattent les têtes d’affiche depuis quelques années. En couple depuis onze ans avec le réalisateur Darren Aronofsky (celui de Black Swan), avec qui elle a eu un garçon en 2006, Rachel Weisz a été révélée dans La Momie en 1999. Elle a tourné avec régularité et plusieurs compatriotes sexy (Stalingrad avec Jude Law, Pour un garçon avec Hugh Grant), avant de décrocher en 2005 l’Oscar du meilleur second rôle (et une quantité d’autres récompenses) pour The Constant Gardener, avec Ralph Fiennes. En 2006, elle joue dans The Fountain de son compagnon, l’histoire d’un amour éternel vu au travers de trois destins. En 2008, elle interprète le rôle de la philosophe Hypathie dans le drame historique Agora d’Alejandro Aménabar.

Outre Dream House, elle est attendue en 2011 avec The Whistleblower et en 2012 avec 360 de Fernando Meirelles.

Quant à Daniel Craig, en couple depuis quatre ans avec Satsuki Mitchell, productrice et actrice américano-japonaise, il a longtemps campé de solides seconds rôles (Elisabeth, Lara Croft, The Jacket, Munich…) avant d’être propulsé en première ligne avec Casino Royal en 2006, un des James Bond les plus efficaces.

Dans les mois à venir, il a également une actualité chargée avec plusieurs grosses productions : Cowboys & envahisseurs avec Harrison Ford, Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg et Millenium Les hommes qui n’aimaient pas les femmes de David Fincher, en attendant le vingt-troisième James Bond. Un agenda qui, on l’espère, ne sera pas trop difficile à gérer pour le « jeune » couple.

La cinéphilie, même si le terme est particulièrement galvaudé par l’arrivée des nouvelles technologies dans les foyers, peut débuter par un simple poster de James Dean ou de Marilyn Monroe sur un mur de chambre ; et on ne sait jamais trop où ça s’arrête. Mais on sait que l’on fait partie du sérail le jour où certains titres ou certains noms nous deviennent familiers.

Dans les années 60, la Nouvelle Vague française fonde même un véritable courant idéologique autour de la cinéphilie, avec ses propres codes. Aujourd’hui, aimer le cinéma a une vocation plus modeste, mais parfois tout aussi passionnée. S’attacher à des stars oubliées, qui ont échappé à la sur-médiatisation. Ne pas hésiter à veiller tard, même en période d’examens, pour suivre le « Ciné-Club » sur Antenne 2 ou le « Cinéma de Minuit » sur FR3. Kiffer un film japonais en N&B sous-titré en anglais. Collectionner tous les articles sur ses acteurs favoris et snober les magazines grand-public en se passant sous le manteau des films inédits en DVD. C’est aussi défendre la « salle obscure » comme seul lieu privilégié du cinéma. Et tenter des trucs parfaitement imbéciles, comme se faire poser les implants de Demi Moore ou la couleur de Rita Hayworth. Et c’est surtout tomber en pâmoison devant des visages comme ceux de Gene Tierney, un prénom d’homme pour une des actrices les plus célébrées pour sa beauté racée, et dont son rôle-titre dans Laura (1944) d’Otto Preminger fut le terreau de son mythe, sur une mélodie lancinante de David Raskin.

Lors d’une de mes visites à la cinémathèque de Montpellier, je tombe justement sur son autobiographie* (co-écrite à l’âge de cinquante-huit ans avec Mickey Herskowitz, célèbre chroniqueur américain qui a collaboré à de nombreuses autobiographies de célébrités, dont également celle de Bette Davis). Le livre est préfacé par Marie-France Pisier, qui vient de nous quitter à l’âge de soixante-sept ans, ce qui vaut au livre cette mise en avant. Et, en sincère cinéphile, j’ai eu envie de vous parler de cette star, symbole des amours irrationnels du cinéphile, inconnue du grand public aujourd’hui malgré ses succès de l’époque et qui a laissé son nom à l’une des deux mille étoiles de la célèbre « Walk of Fame » sur Hollywood Boulevard.

A l’instar d’Elizabeth Taylor, Gene Tierney est une véritable figure de l’âge d’Or du cinéma hollywoodien et de l’époque des grands studios, ce qui m’a valu le plaisir de plonger dans une évocation glamour de la vie hollywoodienne des années 40 et 50. Tout en incarnant une beauté troublante et fragile sans artifice (elle se spécialise dans les rôles de jeunes beautés « exotiques » au début de sa carrière), elle a aussi traversé de nombreuses épreuves dans sa vie personnelle, dont la naissance de sa fille handicapée et de nombreux séjours en hôpitaux psychiatriques, où elle subit, à sa demande, des dizaines d’électrochocs, traitement particulièrement prisé dans les années 50.
Malgré une filmographie non négligeable
(elle a tourné une quarantaine de films sur vingt ans essentiellement pour la Twenty Century Fox avec qui elle était en contrat), elle est peu citée aujourd’hui, même si ses yeux transparents continuent à nourrir les rêves des cinéphiles endurcis et des artistes de toute génération (2).
Peut-être parce qu’elle a toujours cherché à rester détachée d’Hollywood,
en faisant le grand écart avec New York. Et qu’elle est restée très détachée sur son travail. Elle parle justement ici de son rôle dans Laura :

« Pour ce qui est de ma performance personnelle dans ce film, je n’ai jamais eu le sentiment de faire beaucoup mieux qu’une prestation réussie. Je suis contente que le public continue de m’identifier à Laura plutôt que de ne pas m’identifier du tout. L’hommage va, je crois, au personnage – cette Laura, créature de rêve – plus qu’à mon éventuel talent d’actrice. Je ne dis pas cela par modestie. Nul d’entre nous, qui fut impliqué dans ce film, ne lui prêta à l’époque la moindre chance d’accéder au rang de classique du mystère, voire de survivre à une génération ».
Car Miss Tierney, dont c’est le vrai nom, née à Brooklyn et fille d’un prospère courtier en assurances d’origine irlandaise, était une jeune fille de bonne famille bon chic bon genre. Entre quinze et dix-sept ans, elle passe deux années dans un prestigieux établissement de jeunes filles en Suisse, où elle fréquente les rejetons du gratin international.
{Mademoiselle, vous devriez faire du cinéma}
La jeune Gene est découverte en 1938 à l’âge de dix-huit ans par le réalisateur Anatole Litvak alors qu’elle visite avec sa famille les studios de la Warner Bros. D’où le titre français de son autobiographie : « Mademoiselle, vous devriez faire du cinéma », phrase couramment utilisée pour appâter les jeunes beautés et renouveler le sérail.
Il est clair que Gene est sublime, avec une classe indéfinissable et un visage fin et juvénile. Mais contrairement aux autres Fox Girls qu’elle rejoindra au début de sa carrière cinématographique, après un passage réussi à Broadway, elle sait se faire respecter et impressionne par son équilibre personnel.
{Carnet de bal}
D’ailleurs, cette émouvante autobiographie s’en ressent. Le style reste plat : pas de révélations tonitruantes, pas de remarques déplacées sur ses collègues, acteurs et réalisateurs, pas de vie sexuelle débridée (elle prône la virginité avant le mariage), malgré la fréquentation de quelques-uns des grands séducteurs de l’époque, comme Howard Hugues, le célèbre producteur récemment incarné par Leonardo di Caprio (The Aviator), qui tenta en vain de la séduire et qui resta un ami fidèle et généreux, John Fitzgerald Kennedy, jeune capitaine de vaisseau, avant sa rencontre avec Jacqueline Bouvier, ou Ali Khan, playboy international qui venait de divorcer de Rita Hayworth. L’abandon du domicile conjugal par son père et le divorce de ses parents alors qu’elle débute à peine sa carrière la perturbe même à un plus haut point, remettant en cause les valeurs morales qu’on lui a inculquées.
Elle évoque ainsi ses amours avec pudeur et même une certaine candeur. En 1941, à vingt et un ans, elle épouse, contre l’avis de sa famille et du studio, Oleg Cassin, styliste et costumier de studios de vingt-huit ans, descendant d’une famille aristocratique russe désargentée, avec qui elle eut deux filles, en 1943 et en 1948.
Pendant la seconde guerre mondiale, Gene contracte la rubéole pendant le premier trimestre de sa grossesse à l’Hollywood Canteen, club offrant divertissement et restauration aux militaires de retour de mission et où les starlettes de l’époque travaillent bénévolement. Sa première fille, Daria, nait handicapée mentale, sourde et partiellement aveugle. Elle devra très rapidement la confier à une institution et restera obsédée toute sa vie par la nécessité de subvenir à ses besoins.
Cette éprouvante expérience la mène au bord du surmenage et, face à l’incapacité de retenir ses répliques et à de longues périodes d’absence, elle demande à se faire hospitaliser au début des années 50.
{Longue traversée du désert, personnelle et professionnelle}
En 1961, alors qu’elle entame une nouvelle hospitalisation, elle rencontre un millionnaire texan, W. Howard Lee, ancien mari de Hedy Lamarr (c’est d’ailleurs avec elle que nous le voyons sur la photo ci-contre), magnifique actrice brune de la même époque à qui elle ressemble beaucoup, qui lui apporte enfin la vie paisible à laquelle elle aspire. Elle restera auprès de lui jusqu’à sa mort en 1981 et lui survivra dix ans. Elle finira par décéder d’un emphysème, grave maladie des bronches liée au tabagisme. Gene Tierney, qui prenait son métier très à cœur, commença à beaucoup fumer après son premier film pour rendre sa voix plus grave. Voulant toujours bien faire, elle suivi également toute sa vie un régime recommandé par le Harper’s Bazaar, suite à une réflexion d’un caméraman sur la rondeur de son visage.

{Une actrice et des films éternels}
A cinquante-huit ans, Gene Tierney refuse de voir sa vie comme un film hollywoodien : “Si ce que m’ont enseigné ces expériences peut se résumer en une phrase, ce serait celle-ci : la vie n’est pas un film. Mais cette remarque ne se veut ni triste ni nostalgique. Je peux seulement me poser cette question : si ma vie avait été réellement un film, se serait-il trouvé un réalisateur pour confier ce rôle-là à Gene Tierney ?”

Aujourd’hui, il reste de cette carrière des collaborations avec de grands cinéastes (Von Sternberg, Ernst Lubitsch, Otto Preminger, Joseph L. Mankiewicz…) et quelques très beaux rôles dramatiques. En 1946, Gene Tierney fut nominée aux Oscars pour sa prestation particulièrement délectable dans Péché mortel. Oscar qui fut finalement remporté par Joan Crawford pour Le roman de Mildried Pierce.
Parfois, la cinéphilie trouve ses limites : ne pas se bercer d’illusions à la lecture d’une confession bien conventionnelle. Mais il suffit de se pencher sur un des nombreux portraits de cette actrice qui fut aussi mannequin à ces heures perdues et alors les mots se perdent. On peut devenir et rester une star de multiples manières.
{Show must go on}
Redécouvrez ses plus beaux films :

Le ciel peut attendre d’Ernst Lubitsch (1943)
Laura (1944) et Mark Dixon détective (1950), d’Otto Preminger, avec Dana Andrews comme partenaire dans les deux films
Leave her to heaven (Pêché mortel) (1945) de John Stahl
Le Château du dragon (1946) et L’Aventure de Mrs Muir (1947) de J.L. Mankiewicz, avec Rex Harrisson.

Elle tourna aussi avec Spencer Tracy et Clark Gable dans des films plus confidentiels.

(1) Mademoiselle, vous devriez faire du cinéma, Gene Tierney (Self-portrait, 1979), Hachette, Paris, 1985, traduction de Françoise Caetano, préface Marie-France Pisier

(2) Artiste : Etienne Daho/ Paroles de « Poppy Gene Tierney »

* un quizz sympa sur les grandes actrices de la même époque

Alors que Cannes battait son plein, pendant ces derniers quinze jours je n’ai jamais autant été déconnectée du cinéma. Heureusement que j’ai pu compter sur plusieurs collaboratrices (Rose, BritBrit…) pour vous faire partager de la magie du Festival et du cinéma dans sa globalité. Pour ma part, je suis finalement ravie d’avoir pu éviter les mycoses des pieds sur la plage du Martinez (et encore, on raconte que les matelas du Majestic sont bourrés de punaises) et le fastidieux exercice de la Montée des marches avec des talons de 14 cm.

Pour les retardataires, nous allons néanmoins dépiauter ensemble le palmarès du 64ème festival de Cannes, dont la cérémonie de clôture a été présentée par la toujours fatigante Mélanie Laurent (on m’a pourtant dit qu’il ne fallait pas tirer sur l’ambulance…) :

  • Palme d’Or : «The Tree of Life» de Terrence Malick (USA), avec Brad Pitt et Sean Penn, qui repart bredouille malgré les pronostics flatteurs, sur les écrans depuis le 17 mai. Le film semble avoir moins impressionné que prévu, mais a le mérite de faire consensus face aux tumultes du Festival, donc les provocations de l’acteur Samy Naceri, deux fois interpellé durant le Festival.
  • Grand prix du jury : C’est le deuxième prix le plus prestigieux. Il récompense le film qui manifeste le plus d’originalité ou d’esprit de recherche. Il a été remis ex-æquo à «Il était une fois en Anatolie» (« Bir Zamanla Anadolu’da ») de Nuri Bilge Ceylan (Turquie), le plus long film de la compétition (2H37) et dont la date de sortie est pour l’instant inconnue, et «Le Gamin au vélo» des frères Dardenne (Belgique), avec Cécile de France, que vous pouvez retrouver au cinéma depuis le 18 mai.
  • Prix du meilleur acteur : Jean Dujardin pour «The Artist» (France) de Michel Hazanavicius. Un film entièrement en noir et blanc et muet, dont la sortie est prévue pour le 19 octobre 2011.
  • – Prix de la meilleure mise en scène : Nicolas Winding Refn pour «Drive» (USA), avec Ryan Gosling, beau gosse prometteur dont je vous parlerai bientôt, sortie prévue le 5 octobre 2011.
  • Prix du scénario : Joseph Cedar pour «Footnote» (Israël), dont la sortie est prévue le 2 juin 2011.
  • Prix du jury : c’est un prix facultatif décerné à un film particulièrement apprécié par le jury. Il a généralement valeur d’encouragement pour un jeune cinéaste chez qui l’on décèle un réel talent de mise en scène à développer et à approfondir. Il peut être également attribué à un technicien voire à un acteur dont le travail est jugé remarquable (comme en 2001 et en 2004). : «Polisse» de Maïwenn (France), avec une pléthore d’acteurs et actrices français de première ordre : Karin Viard, Marina Foïs, Nicolas Duvauchelle, Karole Rocher, et… Joey Starr, déjà présent dans le précédent film de la réalisatrice , « Le bal des actrices » (quelqu’un peut me dire s’ils couchent ensemble ???). Sa sortie est prévue pour le 19 octobre 2011.
  • Caméra d’or : elle récompense un premier film présenté dans l’une des sélections cannoises (Sélection officielle, Quinzaine des Réalisateurs ou Semaine Internationale de la Critique) et dont les qualités paraissent de nature à encourager son réalisateur à entreprendre un deuxième film : «Las Acacias» de Pablio Giorgelli (Argentine), présenté à la Semaine de la Critique et dont la sortie est là aussi inconnue.
  • Palme d’Or du court-métrage : «Cross Country» de Maryna Vroda (Ukraine) ; Mention spéciale : «Badpakje» (”Maillot de bain 46″) de Wannes Destoop (Belgique)

Pour clore cet article, je tiens aussi à partager quelques informations sur la place des femmes à Cannes, symptomatique de la place des femmes dans le cinéma et la société ?

– Ce n’est qu’en 1993 qu’une femme obtient la Palme d’or, en la personne de Jane Campion (Nouvelle Zélande) avec « La Leçon de piano», une Palme qu’elle doit d’ailleurs partager avec Chen Kaige pour « Adieu ma concubine » (Chine).

– Peu de femmes ont occupé la fonction de présidente du jury. Sur soixante-quatre éditions, seules neuf d’entre elles (dont cinq françaises) ont eu cette chance:

  • L’actrice américaine Olivia de Havilland (1965), aujourd’hui seule survivante avec sa sœur Joan Fontaine, de l’âge d’or hollywoodien depuis le décès d’Elizabeth Taylor
  • l’actrice italienne Sophia Loren (1966)
  • l’actrice française Michèle Morgan (1971)
  • l’actrice suédoise Ingrid Bergman (1973)
  • l’actrice française Jeanne Moreau, qui fut néanmoins deux fois présidente, à vingt ans d’écart, en 1975 et en 1995, privilège jamais accordé à un homme…
  • l’auteure française Françoise Sagan (1979), dont sept mois plus tard, elle dénonce le fonctionnement dans « Le Matin de Paris » (quotidien français aujourd’hui disparu)
  • l’actrice française Isabelle Adjani (1997), dont la relation à Cannes n’a jamais été de tout repos (en 1983, elle est boudée par les photographes lors de la présentation de «L’été meurtrier » de Jean Becker). Elle soumit ses collègues à une discipline de fer tant sur le plan alimentaire ( !) qu’au niveau des horaires de projection. En conséquence, elle déclencha une fronde au sein de son jury et ne su affirmer son choix pour la Palme lors de la décision finale http://morganea.free.fr/Interviews/Elleint.html (elle revint ex-aequo à « L’anguille » de- Shohei Imamura et « Le goût de la Cerise » de Abbas Kiarostami)
  • l’actrice et réalisatrice norvégienne, Liv Ullmann (2001)
  • l’actrice française Isabelle Huppert (2009)

Catherine Deneuve, qui n’a jamais accepté la présidence du jury, fut vice-présidente en 1994.

Et si les femmes n’ont joué qu’un succédané de pouvoir au sein du festival, elles ont néanmoins été au centre des attentions les plus diverses :

  • 1954 : Simone Silva, la starlette aux seins nus
    « Petite » actrice franco-egyptienne, en 1951 elle dégrafe son soutien-gorge, sous l’insistance du photographe et aidée par l’alcool, sous le regard amusé de Robert Mitchum. Elle n’a alors pas conscience que ce cliché va choquer l’Amérique puritaine et mettre ainsi un terme à sa carrière à peine naissante. Elle tombe dans la dépression et se suicide en 1957 en Angleterre.
  • 1978 : Ariane Mnouchkine sous les sifflets
    Lorsqu’elle présente son film « Molière » en 1978, elle doit supporter les sifflets et même les jets de tomates d’un public visiblement peu sensible à la mise en scène de cette fresque historique d’une durée de quatre heures.
  • 1999 et 2005 : Sophie Marceau se fait tirer les bretelles
    En 1999, Sophie Marceau a la lourde tâche de remettre la Palme d’Or. Son discours sans queue ni tête provoque les hués du public. Elle expliquera plus tard qu’elle avait mal supporté le « choc culturel » entre les paillettes de Cannes et sa visite dans un hôpital pour enfants handicapés l’après-midi même.
    En 2005, l’actrice provoque un nouveau scandale mais nettement plus glamour cette fois-ci. Vêtue d’une robe visiblement trop lâche, sa bretelle glisse et laisse échapper un sein.

C’est d’ailleurs sous l’image légère et frivole de ce sein victorieux d’une quadra bien dans sa peau que je clôture à mon tour la saison 2011 de Cannes et cet interminable article, dont j’espère néanmoins que les nombreuses anecdotes vous auront donner envie d’aller fouiner un peu plus dans les coulisses du plus grand festival de cinéma du monde.

Être à la tête de sa propre rubrique, c’est une véritable insulte à la démocratie. On sent inconsciemment poindre des velléités de caprices. C’est que le pouvoir, comme vous pourrez le voir avec La Conquête de Xavier Durringer, sur l’ascension du président français en exercice, monte facilement à la tête.

festival-de-cannes-2011.jpgAlors que la première montée des marches et la cérémonie d’ouverture ont, comme à leur habitude,* du être torrides, je rêve que Jude Law emballe une Mélanie Laurent qui en oublie sa petite culotte et son discours d’ouverture, et qu’Uma Thurman, relookée by David Lachapelle, lance un lascif « What did you expect ? » à un Robert de Niro médusé. Et la foule en cœur : « ‘RE YOU TALKIN’TO ME ? »

Alors que la concurrence médiatique bat son plein, je m’aperçois qu’il serait superflu se lancer dans une redite des nombreux médias lancés à l’affût du scoop et que les professionnels s’emploieront beaucoup mieux que moi à chasser le pronostic et le buzz.

J’ai donc décidé, en cette première journée du festival de Cannes, de me consacrer à ces sublimes rêveries cinéphiles sur le pont d’une goélette et de vous laisser libre de piocher dans le meilleur du web (pour celles, nombreuses, qui ne font pas le déplacement).

Alors que des vacances bien méritées vont m’éloigner de la fièvre cannoise (environ 200 000 personnes, un staff de 1 150 professionnels, plus de 4 500 journalistes internationaux) et de la France, je vous laisse « carte blanche ». Et oui, c’est ça d’être chef de rubrique… (et tout le monde sait qu’il fait toujours un temps de m*** pendant le festival).

Je vais tout d’abord vous orienter dans la jungle des sites web en vous recommandant, hors gros médias, quelques ballades sympathiques :

– l’incontournable : le site officiel du festival
– la bloggeuse : Le Genou de Claire
– le doyen des webzines francophones sur le cinéma, créé en 1996 : Ecran Noir
– la pro : In The Mood For Cannes, sous-titré « le journal des pérégrinations d’une jeune scénariste en direct du festival », pendant de In The Mood For Cinema créé par Sandra Mézière, qu’elle tient depuis 2001. Son blog a été lauréat du concours de blogs du Festival de Cannes 2008, organisé par L’Oréal et Prix Off Cannes du meilleur blog du Festival de Cannes 2010.
– l’admirateur : Angles De Vue, qui met à l’honneur et avec humour un texte de Pierre Desproges, issu du “Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis” sur Cannes.

Dans la lignée de Plipli, je vous enjoins également d’aller découvrir les premières sorties de Cannes et, dans l’attente des nombreux titres qui doivent suivre à la Rentrée, d’aller voir et revoir quelques films passés trop injustement inaperçus ces derniers mois au cinéma.

En ouverture du Festival, Woody Allen nous emballe avec une nouvelle, mais légère, très légère… comédie parisienne, Midnight in Paris, avec Owen Wilson et Rachel McAdams, retransmis dans la soirée en simultané dans quatre cent salles à travers la France, à la suite de la cérémonie d’ouverture. “Le Festival de Cannes entend ainsi marquer le lien fort qui l’unit aux salles et à leurs publics et attirer l’attention sur les films en sélection”, ont ainsi précisé les organisateurs.

Depuis hier, vous avez aussi l’occasion de découvrir le grand favori de la Sélection, The Tree of Life, de Terrence Malick, seul américain en compétition officielle, avec Brad Pitt, Sean Penn et la sublime rouquine mais néanmoins inconnue Jessica Chastain, dont on devrait beaucoup entendre parler dans les mois à venir, après des débuts modestes à la télévision.

Mercredi prochain, soit le 18 mai, vous pourrez retrouver sur les écrans de la France entière pas moins de trois films en compétition (les suivants sont prévus pour la Rentrée de septembre) :

Le Gamin au vélo de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Cécile de France et Thomas Doret ;

La Conquête de Xavier Durringer, avec Denis Podalydès et Florence Pernel ;

– le quatrième opus de Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence de Rob Marshall, avec Johnny Depp, Penélope Cruz, qui, comme désormais tous les blockbusters américains, sort en 3D ;

Et quelques perles de printemps, qu’il serait bien temps d’aller voir avant leur disparition totale des écrans :

Les femmes du 6ème étage, de Philippe Le Guay, avec Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain : comment un banquier bourgeois sans relief donne un nouveau sens à sa vie, en pénétrant le monde féminin des bonnes espagnoles.

Tous les soleils, de Philippe Claudel, avec Stefano Accorsi, Neri Marcoré et Clotilde Courau : comment un prof de musique, coincé entre un frère révolutionnaire à la pette semaine et une fille en pleine crise d’adolescence, tente de retrouver le goût de l’amour ;

The company men, de John Wells, avec Tommy Lee Jones et Ben Affleck : comment trois cadres américains entre trente et soixante ans gèrent leur licenciement et remettent en cause leur rapport à la réussite et à la vie.

Avant l’aube, de Raphaël Jacoulot, avec Jean-Pierre Bacri et Vincent Rottiers : autour de la disparition d’un client dans un hôtel chic au milieu de la montagne en plein hiver, un jeune homme tente de se trouver une identité et un père.

Je vous retrouve avec plaisir dans quinze jours pour faire le point sur ces dix jours de folies cannoises (y a pas le Net sur ma goélette, mais vous me raconterez…)

* à l’heure où je vous écris ces quelques lignes, je n’ai malheureusement pas encore eu la joie et le bonheur de me coller devant Canal pour assister au ping-pong verbal de Laurent Weil et l’autre là, l’ectoplasme, euh… Michel Denisot !

Entre le décès d’Elisabeth Taylor, tigresse mythique de l’Age d’or du cinéma, et les innombrables hommages qui lui ont été rendus tout le mois dernier, et le lancement de l’édition 2011 du Festival de Cannes (dont je vais avoir l’occasion de vous parler plus en détails dans un de mes prochains éditos) en mai, j’ai le grand plaisir de vous présenter la nouvelle rubrique cinéma de Ladies Room :

T’as vu ta bobine ? »

Je ne pouvais rêver parrainage plus prestigieux. Et par une sorte de hasard inconscient, il y a quelques mois, j’ai également modifié mon pseudo pour prendre celui de « La poupée russe », mutation dont je vous avais expliqué la genèse lors de ma semaine de rédactrice en chef.

Tout comme ma collègue Storia avec la musique, je baigne dans le cinéma depuis toujours. Loin d’être le rejeton privilégié d’une famille d’artistes, c’est dans le salon d’une banlieue modeste que cette passion est née. J’avais douze ans quand ma famille accueillit son premier magnétoscope, une sorte d’énorme bloc gris de fabrication nationale (Pathé Marconi), dont la manipulation nécessitait un plongeon de plusieurs heures dans une brochure heureusement rédigée en français.

Réservée à la sagacité des enfants en terme en nouvelles « technologies », le premier film à bénéficier de notre équipement fut le Tarzan de 1932 avec Johnny Weissmuller. Suivirent Scaramouche, Voyage au centre de la terre, Les disparus de Saint Agil, Les viking, Ivanhoé, … Dont les choix étaient fortement orientés par notre père, sur la base de la programmation du Cinéclub, sur Antenne 2, et du Cinéma de Minuit, de FR3. Un temps que les moins de vingt ans… Aucune nostalgie. Juste de l’émotion, parce que moi, le cinéma que je pratique, c’est le cinéma « à la papa ».

De la VHS et des films diffusés en troisième partie de soirée, j’ai développé le goût des salles obscures où j’ai plus souvent partagé l’exaltation de la cinéphilie que les premiers émois adolescents. A l’instar de Mia Farrow dans La rose pourpre du Caire, c’est sur le grand écran que j’ai trouvé du sens à mon enfance et mon adolescence.
Pourquoi je choisis de me lancer dans l’aventure de cette rubrique ? Parce que j’aimerais vous redonner le goût de sortir de votre salon pour vivre la véritable aventure du cinéma, celle du grand écran et de la V.O. (Version originale), celle qui, en s’y consacrant loin de la table à repasser et des potes qui commentent en direct, vous offre les clés de milliers d’univers, voire celles du votre. Celle, où dans la pénombre de la salle, vous pouvez laisser couler vos larmes, vous enthousiasmer à corps perdu, vous emmerder sans oser pousser la porte de sortie.

Je vais laisser à nos contributrices le plaisir de chroniquer les derniers blockbusters, même si certains sont de grande qualité (dernièrement, je vous aurais bien dit un mot sur Black Swan et Le discours d’un roi), je me réserve le plaisir de vous entraîner sur des chemins qui ont longtemps été battus, et qui retournent aujourd’hui en jachère. En première ligne pour la production française, les seconds rôles et les découvertes.

Je vous retrouve donc, avec cet édito, dans quinze jours, avec les clés du festival de Cannes 2011. Et attendant, bonnes séances.