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Contrairement à la France et à l’ouverture des Césars sur des cinémas différents, les Etats-Unis se contentent de valider le succès public du Discours d’un roi, tout en emballant leur cérémonie dans la naphtaline. Après la soirée des Césars vendredi soir au Théâtre du Châtelet, les Oscars se sont tenus dans la nuit de dimanche à lundi, en direct de la Mecque du cinéma, Los Angeles.

cesar-2011.jpgMême si certaines mauvaises langues pourraient attribuer les deux Césars majeurs reçus par Roman Polanski (meilleure adaptation avec l’auteur du polar Robert Harris, et meilleur réalisateur, soit le troisième de sa carrière) au soutien des artistes français dans le cadre du retour sur le devant de la scène de la condamnation américaine pour « rapports sexuels illégaux avec un mineur » du cinéaste en 1978, ceux-ci sont amplement mérités (il s’est également vu décerner l’Ours d’argent de la meilleure mise en scène au Festival de Berlin 2010).

Je rappelle ici la règle du jeu pour ceux et celles qui seraient surpris(es) de retrouver le cinéaste polono-français en lice, double nationalité qu’il a fait valoir en 1977 (il est né à Paris en 1933), pour éviter d’être extradé aux États-Unis dans cette même affaire.

La nationalité d’un film est déterminée par la législation nationale. Les systèmes d’octroi de la nationalité d’un film ne sont pas homogènes, notamment au sein des pays membres de l’UE. Pour qu’une œuvre soit considérée comme française, l’entreprise de production doit être établie en France. La notion de “film européen” apparaît pour la première fois dans les textes européens dans la Directive du Conseil du 15 octobre 1963. Sont alors considérés comme européens, les films “ayant la nationalité d’un État membre”.

C’est ainsi que la France est l’un des rares pays européens ayant réussi à préserver un cinéma national face aux grosses productions américaines, grâce à la combinaison d’un système d’épargne forcée géré par l’Etat et de l’adossement du cinéma sur les chaînes de télévision, qu’elles soient généralistes ou à péage.

Le reste du palmarès de vendredi soir est hétéroclite et définitivement tourné vers la jeune génération : Sara Forestier, meilleure actrice pour Le nom des gens, réjouissant film sur « l’identité nationale » : Éric Elmosnino, meilleur acteur pour Gainsbourg vie héroïque , Leïla Bekhti, dont le décolleté a volé la vedette à Sophie Marceau à Cannes, meilleur espoir féminin pour Tout ce qui brille : Edgar Ramirez, meilleur espoir masculin pour Carlos le film.

Même si Des hommes et des dieux n’a pas permis à Xavier Beauvois de remporter le trophée de meilleur réalisateur, il repart avec trois récompenses (meilleur second rôle pour le légendaire Mickaël Lonsdale, meilleure photographie), dont celle de meilleur film de l’année. Le grand oublié : Tournée de Mathieu Amalric.

Et pour finir, un César d’honneur à Quentin Tarantino remis par Diane Kruger dans la plus vilaine robe de la soirée, alors que Elsa Zilberstein en fourreau à la Mireille Darc et Mélanie Thierry en combi-pantalon de soie noire (Black is back !) défendaient le chic à la française.

Contrairement aux Césars, les résultats des Oscars ont fait preuve d’une grande timidité, en attribuant au Discours d’un roi les quatre grandes statuettes : meilleur film, meilleur réalisateur (Tom Hooper), meilleur acteur (Colin Firth) et meilleur scénario original. Même si on peut estimer qu’avec son petit budget de quinze millions, le film britannique est une sorte de rempart aux blockbusters ultra-budgetés, c’est le succès à l’américaine, qui plait tant à la plèbe.

Pour avoir vu le film, d’une grande sensibilité, avec un très beau jeu de ping-pong entre Colin Firth et Geoffrey Rush et même Helena Bonham Carter (Queen Mum !), j’ai été extrêmement touchée, mais le vainqueur aurait définitivement dû être The Social Network, le meilleur Fincher de tous les temps, qui d’ailleurs a emporté (faible consolation) le César du meilleur film étranger.

Tout comme les frères Coen ont totalement été zappés avec True Grit, alors que le film fait les meilleures entrées aux USA de toute leur filmographie. On applaudira néanmoins à l’Oscar ultra mérité de Natalie Portman pour Black Swan. Outsider de la cérémonie, le très attendu The Fighter – qui sortira en France le 9 mars – s’est distingué grâce à son doublé dans les catégories Meilleur second rôle pour Christian Bale et Melissa Leo.

Prochain rendez-vous : du 11 au 22 mai prochain pour la 64ème édition du Festival de Cannes, présidée par Robert de Niro.

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