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Posts Tagged ‘George Clooney’

Moi, je trouve que ces dernières années, la France, pays de culture cinématographique a donné sa chance à de nombreuses nationalités : après la Chine et les pays asiatiques, « nouveau centre de gravité du cinéma mondial » (1), on assiste au renouveau du cinéma sud-américain et méditerranéen.

Dans la lignée d’Almodovar et Alejandro González Inárritu, j’ai dernièrement eu le plaisir de pouvoir voir ET écouter, en VO, un film italien (Amore de Luca Guadagnino, avec Tilda Swinton) et un film argentin (Dans ses yeux de Juan José Campanella, qui a reçu l’Oscar du meilleur film étranger en 2010 ).

Doté de la nationalité américaine, et malgré George Clooney en vedette, The American se passe dans les Abruzzes, région montagneuse reculée au nord de Rome, qui compte de nombreuses espèces de papillons. Le film est adapté du roman A Very Private Gentleman de l’écrivain britannique Martin Booth, publié en 1990.

Pour celles qui, comme moi, profitent de leur passage chez le coiffeur pour rafler tous les derniers potins, notre George passe en effet de plus en plus de temps dans sa résidence du Lac de Côme auprès de sa ragazza, Elisabetta Canalis, présentatrice de télévision originaire de Sardaigne. Ce qui peut expliquer son implication dans cette production italo-américaine.

Le réalisateur néerlandais Anton Corbijn est déjà l’auteur d’un premier film remarqué en noir et blanc Control, sorti en 2007, sur le groupe Joy Division et son leader Ian Curtis, interprété par Sam Riley, lui-même chanteur du groupe anglais 10.000 Things.

Dans une ambiance sourde et étouffante (il faut oublier le film d’action à l’américaine), le film démarre sur une première scène choquante. Visage fermé, George est beaucoup moins drôle que chez Nespresso. Peu de dialogues. L’Italie est loin d’être filmée comme dans Mange, prie, aime avec deudeuche et petits restos avec nappes à carreaux. La lumière est blanche, les locaux taiseux, à part ce curieux curé qui s’attache au pas de notre mystérieux tueur, tentant de creuser dans son âme comme pour y déloger des mystères à partager et de belles raisons de croire à la rédemption.

Le scénario, signé de Rowan Joffe qui n’est autre que le fils du réalisateur Roland Joffé (Mission, La Cité de la joie), fait preuve d’une minutie exemplaire : on s’attache avec austérité et sans effets superflus aux moindres détails de la retraite de George.

Le film est esthétiquement réussi, mais il faut se laisser bercer par son rythme si particulier si on ne veut pas se détacher totalement de l’histoire. George est particulièrement bien entouré par deux superbes actrices (Thekla Reuten, hollandaise au parcours éclectique dans le rôle de Mathilde et Violante Placido dans le rôle de Clara).

Film déroutant tout autant que passionnant, il détourne les codes habituels du polar et offre à George un rôle à-part dans sa filmographie.

(1) 1999, Olivier Joyard et Charles Tesson, dans le numéro des Cahiers du cinéma « Made in China »

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