Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Kristin Scott Thomas’

Mouais, mouais, bof. Malgré cet engouement juvénile pour la vie après la mort, je ne cherche nullement à ce qu’Alain Corneau se retourne dans sa tombe avant la Chandeleur. J’ai quasiment aimé (Stupeur et tremblements – 2003, Le cousin – 1997, Nocturne indien – 1989…) et mésestimé (Tous les matins du monde – 1991) avec la même force son travail, quand je ne l’ai pas complètement méconnu ces dernières années.

crimes-damour.jpg Dans l’idée de travailler sur un article brossant le panorama des relations du cinéma français avec le monde de l’entreprise (moi-même, parfaite incarnation de l’employée modèle dans le tertiaire, reliée à son ordinateur et à la photocopieuse), je me suis décidée à aller voir « Crime d’amour », renonçant aux bons conseils de Melle Poppy pour D’amour et d’eau fraîche.

Je demande votre indulgence : je ne peux pas résister à un film avec la reine Kristin. Mais la Sagnier, tout en étoffant son carnet de bal avec d’intéressants cinéastes, me semble de plus en plus transparente, voire caricaturale. Pour nous jouer la rigide (mais pas frigide) disciple ; elle pose avec application ses deux mains bien à plat sur son bureau, repousse ses ridicules lunettes années 80 sur son absence de nez, lisse ses draps blancs avec pénétration. Même le mime Marceau était plus sobre. Elle n’aurait pas un œil (torve ?) qui dit merde à l’autre d’ailleurs ??

N’en jetons plus ! Je n’en veux pas personnellement à cette charmante Ludivine, que Nico Duvauchelle m’a un jour préférée, rancune féminine naturelle, vous en conviendrez. Parce que ce pauvre Patrick Mille est complètement sacrifié ; que la photographie est dégueulasse (il parait que c’est du numérique…) ; que le montage est parfois surprenant.

L’idée de départ – la relation trouble entre une cadre supérieure et sa collaboratrice – était passionnante et Kristin est suuublime comme à son habitude. Quant aux deux tiers du film, elle disparaît sans surprise (merci pour le choix du titre), on s’ennuie ferme face aux stratagèmes à la limite du grotesque de Melle Sagnier.

Je suis sortie du film attristée, voire désolée d’un tel gâchis et je n’ai malheureusement rien vu depuis qui m’ait remonté le moral. Parfois, on peut avoir plus envie de partager ses déceptions que ses enthousiasmes. C’est le cas ici.

Publicités

Read Full Post »

Kristin Scott Thomas, aujourd’hui à l’affiche de PARTIR avec le magnétique Sergi Lopez, est une actrice rare, de l’ordre de Meryl Streep, qui n’a jamais été aussi belle que dans le dépouillement et la maturité.

kristin_scott_thomas.jpgLongtemps second rôle avec relief, dont le nom passait souvent à la trappe, elle a tourné plus d’une quarantaine de films, femme-caméléon voguant de superproductions en films indépendants, de la France aux États-Unis. Débutant très tôt au cinéma, elle a néanmoins plus de 30 ans quand elle commence à se faire sérieusement un nom.

Née en 1960 en Angleterre qu’elle quitte à l’adolescence pour poursuivre des études de théâtre en France, elle a longtemps été la british de service, à l’image de Fiona dans Lune de Fiel (1992), adaptation du roman de Pascal Bruckner, qui se laisse vampiriser par une Emmanuelle Seigner, sulfureuse et audacieuse. En 1994, dans Quatre mariages et un enterrement, sa Fiona fait de nouveau pâle figure face à une Andie Mac Dowell épanouie, en soupirante secrète de Hugh Grant, qu’elle retrouve après Polanski. Elle continue à beaucoup tourner et devient une valeur sure.

Malgré cette discrétion sarcastique qui ne dégage qu’une séduction distanciée, la deuxième moitié de la trentaine va lui apporter de vrais grands beaux rôles avec la frémissante Katharine du « Patient Anglais » (mais qui vaut l’Oscar du meilleur second rôle féminin à Juliette Binoche) et la déterminée Annie de « L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux » de Redford.

Avec la quarantaine et son physique extatique, elle excelle dans les rôles de maitresses-femmes, plus anecdotiques, dans Arsène Lupin ou Largo Winch, changeant au rythme des films de couleur et de coupe de cheveux, aussi bien que de nationalité ou d’époque, son ravissant accent lui permettant toutes les fantaisies.
Néanmoins, elle qui déclare : « […] j’aime aussi jouer des rôles où je ne m’investis pas, comme dans certaines comédies ou certains classiques ; il suffit de s’appuyer sur la technique », va exceller ces deux dernières années dans deux rôles émotionnellement chargés : Juliette et Suzanne, deux visages d’une femme sans concessions.

Dans, Il y a longtemps que je t’aime et Partir, dépouillée de tout artifice, elle découvre une peau lumineuse et fine comme un parchemin vierge et albâtre où s’inscrivent et se succèdent la passion, le renoncement, la joie, le malheur, et où s’ébattent ses yeux graves et éperdus. Elle transcende ces deux rôles de femmes dans lesquels elle se jette à corps perdu.

Malgré une fin larmoyante qui trahit complètement le film dans Il y a longtemps…, ce sont deux très belles réalisations et histoires que je vous encourage à revoir en DVD pour le premier et à découvrir au cinéma pour vibrer d’émotions pour le second.

De plus, Kristin Scott Thomas se (et nous) prépare une belle Rentrée 2009-2010 avec pas moins de 5 films en préparation, aussi bien français qu’internationaux. A l’heure où la femme de 50 ans porte haut, Kristin Scott Thomas est le symbole de la belle femme associant classe et sensibilité.

* Mes grandes (et petites) dates avec KST :
– 1990 : Le Bal du gouverneur (Marie-France Pisier)
Aux yeux du monde (Eric Rochant)
– 1992 : Lune de fiel (Roman Polanski)
– 1994 : Quatre mariages et un enterrement (Mike Newell)
– 1996 : Mission Impossible (Brian de Palma)
– 1997 : Le Patient Anglais (Anthony Minghella)
– 1998 : L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux (Robert Redford)
– 2002 : Gosford Park (Robert Altman)
– 2004 : Arsène Lupin (Jean-Paul Salomé)
– 2008 : Il y a longtemps que je t’aime (Philippe Claudel)
Largo Winch (Jérôme Salle)
Un mariage de rêve (Stephan Eliott)
– 2009 : Partir (Catherine Corsini)

Read Full Post »