Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Woody Allen’

Être à la tête de sa propre rubrique, c’est une véritable insulte à la démocratie. On sent inconsciemment poindre des velléités de caprices. C’est que le pouvoir, comme vous pourrez le voir avec La Conquête de Xavier Durringer, sur l’ascension du président français en exercice, monte facilement à la tête.

festival-de-cannes-2011.jpgAlors que la première montée des marches et la cérémonie d’ouverture ont, comme à leur habitude,* du être torrides, je rêve que Jude Law emballe une Mélanie Laurent qui en oublie sa petite culotte et son discours d’ouverture, et qu’Uma Thurman, relookée by David Lachapelle, lance un lascif « What did you expect ? » à un Robert de Niro médusé. Et la foule en cœur : « ‘RE YOU TALKIN’TO ME ? »

Alors que la concurrence médiatique bat son plein, je m’aperçois qu’il serait superflu se lancer dans une redite des nombreux médias lancés à l’affût du scoop et que les professionnels s’emploieront beaucoup mieux que moi à chasser le pronostic et le buzz.

J’ai donc décidé, en cette première journée du festival de Cannes, de me consacrer à ces sublimes rêveries cinéphiles sur le pont d’une goélette et de vous laisser libre de piocher dans le meilleur du web (pour celles, nombreuses, qui ne font pas le déplacement).

Alors que des vacances bien méritées vont m’éloigner de la fièvre cannoise (environ 200 000 personnes, un staff de 1 150 professionnels, plus de 4 500 journalistes internationaux) et de la France, je vous laisse « carte blanche ». Et oui, c’est ça d’être chef de rubrique… (et tout le monde sait qu’il fait toujours un temps de m*** pendant le festival).

Je vais tout d’abord vous orienter dans la jungle des sites web en vous recommandant, hors gros médias, quelques ballades sympathiques :

– l’incontournable : le site officiel du festival
– la bloggeuse : Le Genou de Claire
– le doyen des webzines francophones sur le cinéma, créé en 1996 : Ecran Noir
– la pro : In The Mood For Cannes, sous-titré « le journal des pérégrinations d’une jeune scénariste en direct du festival », pendant de In The Mood For Cinema créé par Sandra Mézière, qu’elle tient depuis 2001. Son blog a été lauréat du concours de blogs du Festival de Cannes 2008, organisé par L’Oréal et Prix Off Cannes du meilleur blog du Festival de Cannes 2010.
– l’admirateur : Angles De Vue, qui met à l’honneur et avec humour un texte de Pierre Desproges, issu du “Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des biens nantis” sur Cannes.

Dans la lignée de Plipli, je vous enjoins également d’aller découvrir les premières sorties de Cannes et, dans l’attente des nombreux titres qui doivent suivre à la Rentrée, d’aller voir et revoir quelques films passés trop injustement inaperçus ces derniers mois au cinéma.

En ouverture du Festival, Woody Allen nous emballe avec une nouvelle, mais légère, très légère… comédie parisienne, Midnight in Paris, avec Owen Wilson et Rachel McAdams, retransmis dans la soirée en simultané dans quatre cent salles à travers la France, à la suite de la cérémonie d’ouverture. “Le Festival de Cannes entend ainsi marquer le lien fort qui l’unit aux salles et à leurs publics et attirer l’attention sur les films en sélection”, ont ainsi précisé les organisateurs.

Depuis hier, vous avez aussi l’occasion de découvrir le grand favori de la Sélection, The Tree of Life, de Terrence Malick, seul américain en compétition officielle, avec Brad Pitt, Sean Penn et la sublime rouquine mais néanmoins inconnue Jessica Chastain, dont on devrait beaucoup entendre parler dans les mois à venir, après des débuts modestes à la télévision.

Mercredi prochain, soit le 18 mai, vous pourrez retrouver sur les écrans de la France entière pas moins de trois films en compétition (les suivants sont prévus pour la Rentrée de septembre) :

Le Gamin au vélo de Jean-Pierre et Luc Dardenne, avec Cécile de France et Thomas Doret ;

La Conquête de Xavier Durringer, avec Denis Podalydès et Florence Pernel ;

– le quatrième opus de Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence de Rob Marshall, avec Johnny Depp, Penélope Cruz, qui, comme désormais tous les blockbusters américains, sort en 3D ;

Et quelques perles de printemps, qu’il serait bien temps d’aller voir avant leur disparition totale des écrans :

Les femmes du 6ème étage, de Philippe Le Guay, avec Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain : comment un banquier bourgeois sans relief donne un nouveau sens à sa vie, en pénétrant le monde féminin des bonnes espagnoles.

Tous les soleils, de Philippe Claudel, avec Stefano Accorsi, Neri Marcoré et Clotilde Courau : comment un prof de musique, coincé entre un frère révolutionnaire à la pette semaine et une fille en pleine crise d’adolescence, tente de retrouver le goût de l’amour ;

The company men, de John Wells, avec Tommy Lee Jones et Ben Affleck : comment trois cadres américains entre trente et soixante ans gèrent leur licenciement et remettent en cause leur rapport à la réussite et à la vie.

Avant l’aube, de Raphaël Jacoulot, avec Jean-Pierre Bacri et Vincent Rottiers : autour de la disparition d’un client dans un hôtel chic au milieu de la montagne en plein hiver, un jeune homme tente de se trouver une identité et un père.

Je vous retrouve avec plaisir dans quinze jours pour faire le point sur ces dix jours de folies cannoises (y a pas le Net sur ma goélette, mais vous me raconterez…)

* à l’heure où je vous écris ces quelques lignes, je n’ai malheureusement pas encore eu la joie et le bonheur de me coller devant Canal pour assister au ping-pong verbal de Laurent Weil et l’autre là, l’ectoplasme, euh… Michel Denisot !

Publicités

Read Full Post »

Jeudi 14 avril dernier, la conférence de presse animée par Gilles Jacob, président du festival, et Thierry Frémaux, son délégué général, au Grand Hôtel Continental à Paris, a dévoilé les dix-neuf films de la compétition officielle (sur les quarante neufs programmés pour le Festival) présidée par Robert de Niro, ainsi que ceux de la compétition parallèle, Un Certain Regard. La composition des jurys sera transmise ultérieurement.

affiche-du-64e-festival-de-cannes-10435105mxprx.jpgD’après le dossier de presse, le grand acteur américain de soixante six ans, dont la carrière ronronne gentiment depuis plus de dix ans, a déclaré : « Le Festival de Cannes représente pour moi une occasion rare, car c’est un des plus anciens et des meilleurs festivals au monde ». Robert De Niro, connu pour son amour de New York, a en effet co-fondé les festivals de cinéma de Tribeca et de Doha. Il a déjà présenté huit films au Festival de Cannes, dont deux récompensés par la Palme d’Or : Taxi Driver, en 1976, suivi dix ans plus tard par Mission de Roland Joffé.

Contrairement à la maussade édition 2010, où le jury présidé par Tim Burton avait attribué la Palme à Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) qui est passé totalement inaperçu sur les écrans et donc au box-office, l’édition 2011 se dote de grands noms (Almodovar, les frères Dardenne, Von Trier…) comme de nouveaux arrivants, avec l’Australienne Julia Leigh et l’Autrichien Markus Schleinzer, qui y présentent leur tout premier long métrage (Sleeping Beauty pour la première, Michael pour le second). Et c’est Terence Malick avec The Tree of Life, avec Brad Pitt et Sean Penn qui sortira en fin de festival, le 18 mai, qui fait déjà le buzz.

Trois films français seront également en compétition : Polisse de Maïwenn, Pater d’Alain Cavalier et L’Apollonide (Souvenirs de la maison close) de Bertrand Bonello. Avec dix Palmes d’or depuis la création du Festival en 1939, la France est troisième d’un classement général dominé par les Etats-Unis avec dix neufs Palmes et l’Italie avec onze Palmes.

C’est Midnight in Paris, le nouveau film de Woody Allen qui fera l’ouverture, hors sélection, le 11 mai prochain parallèlement à sa sortie en salles. Après Londres (Match Point) et Barcelone (Vicky Cristina Barcelona), c’est Paris qui a les honneurs de la caméra du cinéaste new-yorkais le plus apprécié du public européen. Avec la très attendue Mme la Présidente, dans un rôle quasi-muet (ça nous changera) qui ne devrait pas faire d’ombre à son bien-aimé, dont l’ascension jusqu’aux présidentielles sera disséquée dans une fiction très polémique : La Conquête de Xavier Durringer, premier film réalisé sur un président encore en exercice

Du côté d’Un Certain Regard, partie de la Sélection officielle consacrée au cinéma d’art et d’essai, qui fait la part belle aux jeunes talents étrangers, c’est le cinéaste serbe Emir Kusturica qui présidera le jury. Des films venus d’Afrique du Sud, du Chili, du Japon, de Corée du Sud, de Roumanie ou du Mexique seront par exemple présentés, tandis que l’ouverture sera assurée par Restless de Gus Van Sant.

Au total, trente-trois pays seront représentés cette année au Festival de Cannes. Une proportion très élevée par rapport aux années précédentes, et qui témoigne une certaine volonté de la part des organisateurs de faire de l’événement cannois une vitrine sur les différents courants cinématographiques à travers le monde. “Nous voulions qu’il y ait dans cette sélection une grande diversité géographique, générationnelle et stylistique“, a insisté Thierry Frémaux. “Il faut permettre aux œuvres non formatées de s’exprimer“, a souligné pour sa part Gilles Jacob. Cette 64e édition aura également “une pensée particulière” pour l’Egypte, pays invité d’honneur.

Une palme d’honneur sera remise à Bernardo Bertolucci en ouverture du Festival : c’est une grande nouveauté de 2011. Les organisateurs la décerneront désormais chaque année lors de la Cérémonie d’ouverture. Cette reconnaissance sera attribuée à un réalisateur important, dont l’œuvre fait autorité mais qui n’a jamais obtenu de Palme d’or (lot de consolation, je dis ça, je dis rien…). Dans un passé récent, Woody Allen, en 2002, ou Clint Eastwood, en 2009, se sont vu remettre cette distinction par le Président Gilles Jacob.

N’oublions pas non plus que Cannes est une affaire de gros sous : indissociable du Festival, le Marché du Film est devenu le rendez-vous annuel le plus prisé des professionnels du cinéma. Et il se porte bien. On note +10% d’inscriptions à ce jour par rapport à 2010. Mi-avril, plus de trois mille sociétés venant d’une centaine de pays, parmi lesquelles bon nombre de nouvelles sociétés américaines ont confirmé leur participation. Avec mille deux cents projections déjà programmées cette année, le Marché du Film propose aux acheteurs une très large palette de films avec, pour la première fois, des projections du Bangladesh, de Géorgie ou de Porto Rico.

J’avoue que je valide et re-valide l’affiche officielle, avec Faye Dunaway en égérie, qui fait sienne la phrase de François Truffaut dans L’homme qui aimait les femmes : « Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie. » Après le modernisme de l’année dernière, c’est un retour aux sources du cinéma avec un portrait de l’actrice américaine signé Jerry Schatzberg, photographe et réalisateur new-yorkais, lauréat de la Palme d’or pour Scarecrow (l’Epouvantai) en 1973.

C’est l’omniprésente Mélanie Laurent qui vient de réaliser son premier film, Les adoptés, qui officiera en tant que maîtresse de cérémonie, à l’ouverture et à la clôture du Festival. Elle succède dans ce rôle à Kristin Scott-Thomas, ma chouchoute, confirmant ainsi son statut de valeur en hausse (personnellement, si elle ne commence pas à m’agacer, c’est parce qu’elle continue à m’agacer…).

La Compétition officielle :

– Pedro Almodovar : La piel que habito – Espagne
– Bertrand Bonello : L’Apollonide (Souvenirs de la maison close) – France
– Jean-Pierre et Luc Dardenne : Le Gamin au vélo – Belgique
– Nuri Bilge Ceylan : Once Upon a Time in Anatolia – Turquie
– Naomi Kawase : Hanezu no Tsuki – Japon
– Alain Cavalier : Pater – France
– Joseph Cedar : Footnote – Israël
– Aki Kaurismäki : Le Havre – Finlande
– Julia Lee : Sleeping Beauty – Australie
– Maïwenn : Polisse – France
– Terrence Malick : The Tree of Life – USA-
– Radu Mihaileanu : La source des femmes – France/Roumanie
– Takashi Miike : Ishimei – Japon
– Nanni Moretti : Habemus Papam – Italie
– Lars Von Trier : Melancholia – Danemark
– Lynn Ramsay : We need to talk about Kevin – GB
– Nicolas Winding Refn : Drive – Danemark
– Markus Schleinzer : Michael – Autriche
– Paolo Sorrentino : This must be the place – Italie

A noter, tribu aux nouvelles technologies, deux films hors sélection seront diffusés en 3D, à savoir le dernier Pirate des Caraïbes de Rob Marshall, et Ishimei, un film de samouraï de Takashi Miike.

Read Full Post »